La relación al dinero - Le lien à l’argent - The relashionship to money
Español
Me gusta pensar en el dinero como una energía que fluye: va, viene, circula y, a veces, también puede estancarse. Pero antes de hablar de cómo gestionamos nuestro dinero, creo que es importante reconocer algo: no todos partimos desde el mismo lugar.
No todos tenemos las mismas oportunidades, el mismo acceso a la educación financiera, las mismas redes de apoyo, las mismas condiciones laborales o el mismo salario. Hay personas que viven con ingresos que apenas les permiten cubrir sus necesidades básicas y otras que tienen la posibilidad de ahorrar, viajar, invertir o simplemente vivir con mayor tranquilidad económica. También existen países y contextos donde el coste de vida hace que incluso un salario considerado “bueno” no alcance demasiado.
La inflación, el precio de la vivienda, los alimentos, los servicios y tantas otras cosas que han aumentado en los últimos años son realidades que no podemos ignorar. Por eso, hablar de gestión del dinero no debería convertirse en un discurso de “si te organizas bien, puedes conseguirlo todo”. A veces, sencillamente, no alcanza. Y, al mismo tiempo, cuando tenemos la posibilidad de contar con un ingreso que nos permite cubrir nuestras necesidades y tener cierto margen, puede ser interesante preguntarnos qué relación tenemos con ese dinero. Porque la cantidad importa, sí y nuestra relación con ella también.
Podemos encontrarnos con personas con salarios muy elevados que viven constantemente endeudadas, que sienten que nunca tienen suficiente o que no consiguen disfrutar de aquello que ganan. Y también con personas con ingresos más modestos que, dentro de sus posibilidades, consiguen organizarse, priorizar lo que es importante para ellas y construir una vida que sienten como propia. Esto no significa que ganar menos sea mejor, ni que una buena gestión pueda solucionar las desigualdades económicas. Significa simplemente que el dinero que tenemos y la manera en que nos relacionamos con él son dos cuestiones diferentes.
Entonces, quizás vale la pena preguntarnos: ¿Qué siento cuando pienso en el dinero?, ¿Me genera tranquilidad, miedo, culpa o ansiedad?, ¿Lo vivo como algo que siempre falta o como un recurso que puedo aprender a gestionar?, ¿Me cuesta usarlo incluso cuando puedo permitírmelo?, ¿Lo uso para llenar un vacío, para demostrar algo o porque realmente quiero aquello que estoy comprando?, ¿Sé cuáles son mis prioridades económicas?, ¿Mi manera de utilizarlo está alineada con la vida que quiero construir?
Porque administrar nuestro dinero no debería significar necesariamente restringirnos, privarnos de todo lo que nos gusta o vivir pensando constantemente en lo que no podemos comprar. También puede significar poner nuestra energía económica en aquello que realmente nos importa. Por ejemplo, si viajar es una de nuestras prioridades, quizás pagar 500 € en un viaje nos genere mucha ilusión y tenga un valor enorme para nosotros. En cambio, usar esos mismos 500 € en algo que no nos interesa puede parecernos una pérdida de dinero. La cantidad es exactamente la misma. Lo que cambia es el significado que tiene para nosotros.
Quizás la pregunta no sea solamente: “¿Cuánto dinero tengo?” También puede ser: “¿Qué estoy haciendo con lo que tengo y qué lugar ocupa el dinero en la vida que quiero construir?” No se trata de dejar de disfrutar, ni de gastar sin límites. Tampoco de culpabilizarnos cuando nuestras circunstancias económicas no nos permiten hacer determinadas cosas. Se trata, dentro de nuestras posibilidades, de conocer nuestros recursos, reconocer nuestras limitaciones, establecer prioridades y preguntarnos qué queremos que nuestro dinero sostenga. Una buena relación con el dinero no consiste en tener muchísimo ; puede consistir en poder mirarlo con menos miedo, más conciencia y un poco más de libertad.
Français
J’aime penser à l’argent comme à une énergie qui circule : elle va, elle vient, elle circule et, parfois, elle peut aussi stagner. Mais avant de parler de la manière dont nous gérons notre argent, je pense qu’il est important de reconnaître une chose : nous ne partons pas tous du même endroit.
Nous n’avons pas tous les mêmes opportunités, le même accès à l’éducation financière, les mêmes réseaux de soutien, les mêmes conditions de travail ou le même salaire. Certaines personnes vivent avec des revenus qui leur permettent à peine de couvrir leurs besoins essentiels, tandis que d’autres ont la possibilité d’épargner, de voyager, d’investir ou simplement de vivre avec davantage de tranquillité financière. Il existe également des pays et des contextes où le coût de la vie fait que même un salaire considéré comme « bon » ne permet pas d’aller très loin.
L’inflation, le prix du logement, de l’alimentation, des services et de tant d’autres choses qui ont augmenté ces dernières années sont des réalités que nous ne pouvons pas ignorer. C’est pourquoi parler de gestion de l’argent ne devrait pas devenir un discours du type : « Si tu t’organises bien, tu peux tout avoir ». Parfois, tout simplement, l’argent ne suffit pas. Et, en même temps, lorsque nous avons la possibilité de disposer d’un revenu qui nous permet de couvrir nos besoins et d’avoir une certaine marge, il peut être intéressant de nous interroger sur notre relation à cet argent. Parce que la quantité compte, oui, mais notre relation à celle-ci compte aussi.
Nous pouvons rencontrer des personnes ayant des salaires très élevés qui vivent constamment endettées, qui ont l’impression de ne jamais avoir assez ou qui n’arrivent pas à profiter de ce qu’elles gagnent. Et nous pouvons également rencontrer des personnes aux revenus plus modestes qui, dans la mesure de leurs possibilités, parviennent à s’organiser, à donner la priorité à ce qui compte pour elles et à construire une vie qui leur ressemble. Cela ne signifie pas que gagner moins est préférable, ni qu’une bonne gestion peut résoudre les inégalités économiques. Cela signifie simplement que l’argent dont nous disposons et la manière dont nous nous y rapportons sont deux choses différentes.
Alors, il peut être intéressant de nous demander : Que ressens-je lorsque je pense à l’argent ? Me procure-t-il de la tranquillité, de la peur, de la culpabilité ou de l’anxiété ? Est-ce que je le vis comme quelque chose qui manque toujours ou comme une ressource que je peux apprendre à gérer ? Est-ce que j’ai du mal à l’utiliser même lorsque je peux me le permettre ? Est-ce que je l’utilise pour combler un vide, pour prouver quelque chose ou parce que j’ai réellement envie de ce que j’achète ? Est-ce que je connais mes priorités financières ? Ma manière de l’utiliser est-elle en accord avec la vie que je souhaite construire ?
Gérer son argent ne devrait pas nécessairement signifier se restreindre, se priver de tout ce que l’on aime ou vivre constamment en pensant à ce que l’on ne peut pas acheter. Cela peut aussi signifier mettre notre énergie financière dans ce qui compte réellement pour nous. Par exemple, si voyager fait partie de nos priorités, dépenser 500 € pour un voyage peut nous apporter beaucoup de joie et avoir une grande valeur à nos yeux. En revanche, utiliser ces mêmes 500 € pour quelque chose qui ne nous intéresse pas peut nous donner l’impression de gaspiller notre argent. La somme est exactement la même. Ce qui change, c’est le sens que nous lui donnons.
La question n’est peut-être donc pas seulement : « Combien d’argent ai-je ? » Mais aussi : « Que fais-je avec ce que j’ai et quelle place l’argent occupe-t-il dans la vie que je souhaite construire ? » Il ne s’agit pas d’arrêter de profiter de la vie, ni de dépenser sans limites. Il ne s’agit pas non plus de culpabiliser lorsque notre situation financière ne nous permet pas de faire certaines choses. Il s’agit, dans la mesure de nos possibilités, de connaître nos ressources, de reconnaître nos limites, de définir nos priorités et de nous demander ce que nous voulons que notre argent puisse soutenir. Une bonne relation à l’argent ne consiste peut-être pas à en avoir énormément. Elle peut simplement consister à pouvoir le regarder avec moins de peur, davantage de conscience et un peu plus de liberté.
English
I like to think of money as an energy that flows: it comes and goes, circulates and, sometimes, can also become stagnant. But before talking about how we manage our money, I think it is important to recognize something: we do not all start from the same place.
We do not all have the same opportunities, access to financial education, support networks, working conditions or salary. Some people live on incomes that barely allow them to cover their basic needs, while others have the possibility to save, travel, invest or simply live with greater financial security. There are also countries and contexts where the cost of living means that even a salary considered “good” does not go very far.
Inflation, housing costs, food, services and so many other expenses that have increased in recent years are realities that we cannot ignore. That is why talking about money management should not become a “if you organize yourself well enough, you can achieve anything” kind of discourse. Sometimes, quite simply, there is not enough money. And at the same time, when we have the possibility of earning an income that allows us to cover our needs and have some room to breathe, it can be interesting to ask ourselves what our relationship with that money looks like. Because the amount matters, yes, but our relationship with it matters too.
We can meet people with very high salaries who are constantly in debt, who feel like they never have enough or who struggle to enjoy what they earn. And we can also meet people with more modest incomes who, within their possibilities, manage to organize themselves, prioritize what matters to them and build a life that feels like their own. This does not mean that earning less is better, nor that good money management can solve economic inequalities. It simply means that the money we have and the way we relate to it are two different things.
So perhaps it is worth asking ourselves: What do I feel when I think about money? Does it make me feel safe, afraid, guilty or anxious? Do I experience it as something that is always missing, or as a resource I can learn to manage? Do I struggle to spend it even when I can afford to? Do I use it to fill a void, to prove something or because I genuinely want what I am buying? Do I know what my financial priorities are? Is the way I use my money aligned with the life I want to build?
Managing our money should not necessarily mean restricting ourselves, depriving ourselves of everything we enjoy or constantly thinking about what we cannot afford. It can also mean putting our financial energy into the things that genuinely matter to us. For example, if travelling is one of our priorities, spending €500 on a trip might bring us a lot of joy and have great value for us. On the other hand, spending those same €500 on something we are not interested in might feel like a waste of money. The amount is exactly the same. What changes is the meaning we give to it.
Perhaps the question is not only: “How much money do I have?” It can also be: “What am I doing with what I have, and what place does money have in the life I want to build?” This is not about stopping ourselves from enjoying life or spending without limits. Nor is it about feeling guilty when our financial circumstances do not allow us to do certain things. It is about, within our possibilities, knowing our resources, recognizing our limitations, setting priorities and asking ourselves what we want our money to support. A good relationship with money may not be about having a lot of it. It may simply be about being able to look at it with less fear, more awareness and a little more freedom.