terapeuta en el extranjero - thérapeute à l’étranger - therapist abroad

español

Ser psicóloga extranjera en Bélgica no es solamente una cuestión de papeles, trámites, títulos que homologar o documentos que presentar. También forma parte de mi manera de ejercer y de relacionarme con mis pacientes. Mi propia experiencia de haber vivido en diferentes países, de haber dejado atrás mi lugar de origen y de haber tenido que adaptarme a nuevos contextos me permite acercarme a ciertas historias desde un ángulo diferente.

La migración no es solamente cambiar de país. Es aprender nuevos códigos, adaptarse a otra cultura, reconstruir rutinas, crear nuevos vínculos y, muchas veces, convivir con la sensación de estar entre dos lugares. También implica duelos: por la familia que está lejos, por las tradiciones que cambian, por las pequeñas cosas cotidianas que antes parecían insignificantes y que, cuando estamos lejos, adquieren otro valor.

Por eso, cuando acompaño a una persona que está atravesando un proceso migratorio, puedo reconocer algunas de esas experiencias desde un lugar que va más allá de la teoría. No significa que todas las experiencias sean iguales, ni que por ser extranjera pueda comprender automáticamente lo que vive otra persona. Cada historia es única. Pero sí existe una sensibilidad particular hacia ciertas preguntas: ¿cómo me adapto sin perder quién soy?, ¿qué partes de mí dejo atrás?, ¿qué quiero conservar?, ¿cómo construyo un lugar para mí aquí?

A veces, incluso, son acontecimientos que suceden en el país de origen los que nos recuerdan que seguimos vinculados a él aunque estemos lejos. Un terremoto en Venezuela o Colombia, una situación política, una celebración familiar o simplemente saber que algo importante está ocurriendo mientras nosotros estamos a miles de kilómetros. Estar lejos no significa dejar de pertenecer. Y esa distancia puede despertar emociones difíciles de explicar para quienes nunca han vivido una experiencia migratoria.

Otro aspecto que considero muy importante es el idioma. Poder ofrecer un espacio terapéutico en francés, español o inglés permite que cada persona pueda elegir el idioma en el que se siente más cómoda para hablar de sí misma. Porque hablar de lo que sentimos no es solamente encontrar las palabras correctas: también es poder encontrar aquellas palabras que nos permiten expresar exactamente lo que queremos decir. Hay emociones, recuerdos y experiencias que pueden sentirse diferentes dependiendo del idioma en el que las nombramos.

Y ser latina también forma parte de este encuentro. Bruselas es una ciudad profundamente multicultural, donde existe una comunidad latinoamericana diversa y rica. Poder acompañar a personas que comparten referencias culturales, formas de relacionarse, expresiones, músicas, comidas, historias familiares o incluso esa manera tan particular de entender la cercanía y los vínculos, crea otro tipo de conexión. Creo que todo esto aporta algo a mi práctica. No para convertir mi experiencia personal en la experiencia del otro, sino para ponerla al servicio del encuentro terapéutico.

Quizás por eso me gusta pensar que mi manera de trabajar intenta aportar un poco de color, calor y calidez a cada seguimiento. En un espacio que muchas veces puede sentirse demasiado institucional, distante o frío, para mí es importante que también exista humanidad, cercanía y un lugar donde la persona pueda sentirse recibida tal y como es. Porque, al final, detrás de cada paciente hay una historia. Y detrás de cada historia hay una persona que necesita, antes que nada, poder sentirse escuchada.

français

Être une psychologue étrangère en Belgique, ce n’est pas seulement une question de papiers, de démarches administratives, de diplômes à faire reconnaître ou de documents à remplir. Cela fait aussi partie de ma manière d’exercer et de rencontrer mes patients. Le fait d’avoir moi-même vécu dans plusieurs pays, d’avoir quitté mon pays d’origine et d’avoir dû m’adapter à de nouveaux environnements me permet d’aborder certaines histoires sous un angle différent.

La migration, ce n’est pas seulement changer de pays. C’est apprendre de nouveaux codes, s’adapter à une autre culture, reconstruire ses habitudes, créer de nouveaux liens et, parfois, vivre avec le sentiment d’être entre deux mondes. C’est aussi faire l’expérience de certains deuils : celui de la famille qui reste loin, des traditions qui changent, des petites choses du quotidien qui semblaient insignifiantes et qui, une fois loin de chez soi, prennent une toute autre valeur.

C’est pourquoi, lorsque j’accompagne une personne qui traverse une expérience migratoire, je peux reconnaître certaines de ces réalités à partir d’un endroit qui dépasse la théorie. Cela ne signifie évidemment pas que toutes les expériences se ressemblent, ni que le fait d’être étrangère me permet de comprendre automatiquement ce que vit une autre personne. Chaque histoire est unique. Mais il existe une sensibilité particulière à certaines questions : comment m’adapter sans perdre qui je suis ? Quelles parties de moi dois-je laisser derrière ? Qu’est-ce que je souhaite préserver ? Comment construire une place pour moi ici ?

Parfois, ce sont aussi les événements qui se produisent dans notre pays d’origine qui nous rappellent que nous restons liés à lui, même à distance. Un tremblement de terre au Venezuela ou en Colombie, une situation politique, une fête familiale ou simplement le fait de savoir que quelque chose d’important se passe alors que nous sommes à des milliers de kilomètres. Être loin ne signifie pas cesser d’appartenir. Et cette distance peut faire naître des émotions difficiles à expliquer à ceux qui n’ont jamais vécu une expérience migratoire.

Le fait de pouvoir proposer un espace thérapeutique en français, en espagnol ou en anglais me semble également essentiel. Chaque personne devrait pouvoir choisir la langue dans laquelle elle se sent le plus à l’aise pour parler d’elle-même. Parce que parler de ce que l’on ressent, ce n’est pas seulement trouver les bons mots : c’est aussi pouvoir trouver les mots qui nous permettent d’exprimer au plus juste ce que nous vivons. Certaines émotions, certains souvenirs et certaines expériences peuvent être ressentis différemment selon la langue dans laquelle nous les nommons.

Et puis, être latina fait également partie de cette rencontre. Bruxelles est une ville profondément multiculturelle, où vit une communauté latino-américaine diverse et riche. Pouvoir accompagner des personnes qui partagent certaines références culturelles, des façons de créer du lien, des expressions, des musiques, des plats, des histoires familiales ou simplement cette manière particulière de penser la proximité et les relations, peut créer une forme de connexion différente. Je crois que tout cela apporte quelque chose à ma pratique. Non pas pour transformer mon expérience personnelle en celle de l’autre, mais pour la mettre au service de la rencontre thérapeutique.

C’est peut-être pour cela que j’aime penser que ma manière de travailler cherche à apporter un peu plus de couleur, de chaleur et de douceur à chaque accompagnement. Dans un espace qui peut parfois sembler très institutionnel, distant ou froid, il me paraît important qu’il y ait aussi de l’humanité, de la proximité et un endroit où chacun puisse se sentir accueilli tel qu’il est. Parce qu’au fond, derrière chaque patient, il y a une histoire. Et derrière chaque histoire, il y a une personne qui a avant tout besoin de se sentir écoutée.

English

Being a foreign psychologist in Belgium is not only about paperwork, administrative procedures, having diplomas recognized or filling out documents. It is also part of the way I practice and connect with my patients. Having lived in different countries myself, leaving my home country and having to adapt to new environments allows me to approach certain stories from a different perspective.

Migration is not simply about moving from one country to another. It means learning new codes, adapting to another culture, rebuilding routines, creating new connections and, sometimes, living with the feeling of being somewhere in between. It also involves different kinds of grief: being away from family, seeing traditions change, or missing the small everyday things that once seemed insignificant but suddenly become much more meaningful when you are far from home.

That is why, when I support someone going through a migration experience, I can recognize some of these realities from a place that goes beyond theory. This does not mean that all experiences are the same, or that being a foreigner automatically means I understand what another person is going through. Every story is unique. But there is a particular sensitivity to certain questions: How can I adapt without losing who I am? Which parts of myself do I leave behind? What do I want to preserve? How can I create a place for myself here?

Sometimes, it is also what happens in our home countries that reminds us that we remain connected to them, even from afar. An earthquake in Venezuela or Colombia, a political situation, a family celebration, or simply knowing that something important is happening while we are thousands of kilometres away. Being far from home does not mean that we stop belonging. And that distance can bring up emotions that are difficult to explain to someone who has never experienced migration.

Being able to offer therapy in French, Spanish and English is another part of what matters to me. It gives patients the possibility of choosing the language in which they feel most comfortable expressing themselves. Because talking about what we feel is not only about finding the right words. It is also about finding the words that allow us to express what we truly mean. Some emotions, memories and experiences can feel different depending on the language in which we name them.

And being Latina is also part of this encounter. Brussels is a deeply multicultural city, with a diverse and vibrant Latin American community. Being able to support people who share certain cultural references, ways of connecting with others, expressions, music, food, family stories, or simply a particular understanding of closeness and relationships can create a different kind of connection. I believe that all of this brings something valuable to my practice. Not because I want to make my personal experience the experience of someone else, but because I can place it at the service of the therapeutic encounter.

Perhaps that is why I like to think that my way of working brings a little more colour, warmth and kindness into each therapeutic journey. In a space that can sometimes feel institutional, distant or cold, I believe there should also be room for humanity, closeness and a place where people can feel welcomed exactly as they are. Because, ultimately, behind every patient there is a story. And behind every story, there is a person who, before anything else, needs to feel heard.

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